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2- Singularités des jeux H [Jeux vidéos]

    

Pourquoi cette fixation sur :



Les petites culottes ?
En plus d'être "la dernière frontière", elles sont tout simplement le reflet de leur porteuse, par leurs odeurs ou leur apparence. Les japonaises dépensent un fric fou en sous-vêtements… Dans le cas des animes, cette identification est représentée par "la gentille a une culotte blanche, la méchante une noire" – pas besoin d'en dire plus.

Les lunettes ?
Fetish japonais, rattaché à celui des OLs (voir plus bas). Signe d'intelligence, là où les occidentaux pensent "serpent à lunettes"… Et Sakura Taisen nous a bien appris que la fille à lunettes est très belle quand elle les retire.

Les infirmières ?
Elles sont habillées en blanc, s'occupent de vous quand vous êtes en position de faiblesse, elles sont parfois dénommées "anges en blanc"… De plus, l'environnement médical laisse une forte marque dans l'inconscient japonais, ce dernier se référant énormément aux souvenirs d'enfance. La pratique du lavement est également répandue dans la médecine de ce pays ; d'après Romain Slocombe (auteur de "L'Empire Erotique", aux éditions La Sirène), elle est même carrément considérée comme la première expérience sexuelle.

Les gros seins ?
Simple : l'alimentation japonaise est composée de riz et de poisson, faibles en gras. Les seins sont principalement composés de graisse. Et à l'école, ils font beaucoup de sport, brûlant ainsi le peu de graisses que les femmes peuvent emmagasiner via la nourriture… Comment avoir de gros seins dans ces conditions ? Cependant, j'ai entendu parler d'une étude (en) selon laquelle les fast-foods et autres plats occidentaux bourrés de sucre et de gras pourraient amener le tour de poitrine moyen à augmenter au Japon… Et pour les cas comme Harumi Nemoto ? Et bien, Yoko Matsugane (en) a expliqué elle-même que c'est génétique, sa sœur et sa mère étant également généreusement dotées. Ben oui ! Pour rester dans l'explication génétique et trouver un argument qui s'applique aussi aux occidentaux, on peut penser que le cerveau humain sous ses instincts de reproduction les plus primaires voit cela comme le signe d'une femelle en bonne santé, pouvant correctement nourrir les enfants et assurer ainsi la propagation de la race. Ben oui (bis).

Les écolières ?
Même chose que les infirmières : inconscient se rapportant à l'enfance, jeunesse = pureté, etc. Alors qu'en Occident, les affaires de réseaux de pédophilie ont définitivement réduit ce fantasme au stade de tabou, le complexe de la lolita (abrégé lolicon) a encore de beaux jours devant lui au Japon.

Les servantes (maids), soumises et obéissant au moindre ordre ?
La réponse est dans la question… En plus, il englobe le fétichisme de l'uniforme (largement présent dans nos contrées), à l'instar de l'OL (Office Lady) ou de la servante du temple Shinto.

Si vous lisez entre les lignes, vous pouvez maintenant comprendre pourquoi les jeux vidéo hentai ou les harem animes (un héros entouré de filles, Love Hina étant une parodie du genre et peut-être sa représentation la plus connue) comprennent systématiquement une fille à gros seins, une gamine, une fille "sérieuse" (habillée en institutrice/OL/policière/etc), une femme soumise (maid ou pas)… Il s'agit simplement de ratisser large dans les fantasmes pour séduire le public le plus large ! On pourrait écrire les caractéristiques sur des bouts de papier ("gros seins", "blonde", "prof", etc) et les tirer d'un grand chapeau pour créer rapidement un casting de jeu hentai.
Mais il y a toujours "LA" fille, celle bien mise en avant sur la jaquette, le perso féminin principal, la dure à choper, la vraie fin du jeu, la plus amoureuse du héros. Elle se doit donc d'être parfaite : intelligente, cheveux bruns ou sombres et généralement longs, coqueluche de la classe, sportive, gentille, innocente, accessoirement riche, vous voyez le genre.


Est-ce que l'interactivité est importante dans ces jeux ?


Non – ou elle l'est beaucoup moins que dans d'autres genres de jeux vidéo. Dans les Dating Sims, il y a quand même un certain éventail de possibilités pour orienter votre personnage vers les goûts d'une fille en particulier (chacune ayant son caractère, du genre la sportive, l'intelligente, le garçon manqué, etc). Mais pour les "Gal Games", c'est bien moins actif ; beaucoup arborent carrément un mode "mains libres" où le texte défile tout seul, et l'unique interactivité de la majorité des Gal Games consiste à choisir de temps à autres une réplique dans un dialogue ou une décision à prendre. Le reste du temps, les images défilent (ou s'animent rarement) à l'écran pendant que les dialogues enregistrés sont joués dans les enceintes.
Le plus important dans ces titres, c'est de raconter une histoire ou de faire ressentir des émotions au joueur. Contrairement aux films pornographiques, limités en durée et en moyens techniques, où le scénario se résume à un enchaînement de coïts sans grande cohérence, les jeux hentai cherchent à toucher la personne devant l'écran. Même si l'histoire est parfois stéréotypée (genre "le nouvel étudiant timide qui vit seul"), tous les sentiments et les pensées du personnage principal sont décrites, les actions sont également décrites dans le moindre détail, dans un rythme plutôt lent. La narration passe avant tout, y compris le gameplay - et c'est sûrement pour cette raison que ces jeux n'ont jamais été pris au sérieux en Occident. Les jeux hentai qui tentent de faire autre chose, comme les shmups ou les jeux de réflexion où l'on déshabille la demoiselle en jouant bien, sont minoritaires... et font payer leur différence par une prise de risque caractérisée : celle d'un prix à l'achat plus élevé ! Mon exemple favori : le studio Illusion, qui enchaîne les jeux en full 3D dont Sexy Beach 2 qui n'était qu'un clone de Dead or Alive Xtreme Beach Volleyball, sans le volley mais avec d'autres jeux de balle...


Pourquoi est-ce que ces jeux vidéo, comprenant des personnages "anime" absolument irréalistes, sont-ils sexuellement excitants ?


La théorie en vigueur est celle de l' "Uncanny Valley (en)", où "vallée de l'étrange". Basiquement, votre cerveau embellit un dessin, un modèle 3D, etc, en rattachant l'image à des expériences ou des photographies de personnes réelles afin de "remplir les vides" et de créer ainsi une vision idéalisée mais plausible du personnage observé. Mais il arrive un moment où si le personnage semble "trop" réaliste, le cerveau manque de liberté pour idéaliser l'image et considère seulement celle-ci comme irréelle. Quand Tecmo fait les "Dead Or Alive Girls", le design n'est pas aussi réaliste que possible, car il y a toujours une touche d'animation nipponne (les yeux, par exemple) et le cerveau marche, mais quand il s'agit de modèles 3D qui se veulent réels comme dans Final Fantasy The Spirits Within, ça ne marche pas.
Si vous avez vu l'anime "Genshiken" (édité en DVD chez Kaze), un des personnages fournit une explication similaire : le cerveau voit bien un visage souriant dans un smiley sur Internet (☺), tout en réalisant que ce dernier n'a rien de réel. Il peut donc embellir des personnages d'anime, là encore en sachant que ces derniers ne peuvent exister, mais en produisant une image suffisamment réaliste et séduisante pour être convaincante.
Accessoirement, cette théorie prouve que l'on ne peut pas être complètement accro au hentai, car il faut toujours avoir des "références" du corps humain pour aider le cerveau à compléter son image… et que l'esprit humain sait bien que les fusillades d'un Virtua Cop n'ont rien de réel. Feel The Magic est un excellent exemple de cette théorie, puisque la fille n'est même pas représentée et qu'il est extrêmement aisé pour le cerveau d'étiqueter sur cette silhouette la femme parfaite !


Pourquoi ne voit-on ou n'entend-on jamais le personnage principal, ou que son visage est caché par une mèche de cheveux ?


Le japonais a tendance à être très jaloux, et la représentation d'un autre homme à l'écran peut être ressentie comme une rivalité. De plus, la subjectivité de l'action aide à prendre la place de ce personnage invisible et anonyme…
Le personnage principal a deux canons : soit il est faible et souffre de manque de confiance, gagnant cette dernière au contact des filles, soit il est absolument quelconque et plan-plan mais les demoiselles ont déjà le béguin pour lui.



Rédigé par Raton-laveur (créateur de raton-laveur.net), le 14 Oct 2009 à 19h14




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