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3- Création, vente et jeux H de référence [Jeux vidéos]

    

La faute aux développeurs cochons ou à une demande d'utilisateurs tout aussi cochons ?


Il faut bien se rappeler qu'avec les premiers ordinateurs qui étaient dotés de langages de programmation faciles à apprendre, n'importe qui pouvait faire un jeu vidéo. Ce courant amateur a culminé à l'époque de l'Amiga 500 et de l'Atari ST, où des amateurs passionnés pouvaient créer dans leur appartement des programmes surpassant le travail des pros, quand ces derniers ne les embauchaient pas ou n'éditaient pas leur travail. D'ailleurs, les circuits de distribution étaient anarchiques et il n'y avait aucune régulation d'âge, par exemple. Donc au début, le programmeur et le joueur étaient parfois la même personne, et si elle se sentait d'humeur lubrique, rien ne l'empêchait d'assouvir ses fantasmes puis de les faire partager – mais il s'agissait là de la même énergie que celle qui pousse les photographes de charme ou les réalisateurs de films pour adultes… A cela s'ajoutait le défi technique, omniprésent sur des machines à capacité limitée : faire une fille sexy avec une faible résolution, peu de couleurs et peu de place, ça demandait du talent.


Qui font ces jeux ?


C'est varié ! Il y a de gros éditeurs, comme Konami avec sa série Tokimeki Memorial (produite par Hideo Kojima !), des petits studios qui ne font que ça comme Princess Soft ou Key (et Nec Interchannel pour les conversions console), et une myriade de "doujinshis", créés par des groupes amateurs qui vendent leurs produits sur Internet, lors du Comic Market… Avant d'être repérés par les professionnels, comme le célèbre studio Type-Moon (jp) (pour Fate/Stay Night et Tsukihime, adapté en anime sous le nom de Shingetsudan Tsukihime).
Il en est de même pour les titres sortant en arcade. Des développeurs comme Seibu ont fait des titres pour adultes sous un autre nom, ou carrément sous leur label habituel comme ce fut le cas de Data East.


Et ça se vend bien ?


Au Japon, on ne joue pas sur PC… à part à des MMO et aux jeux hentai. A part ça, le PC c'est pour bosser et la console c'est pour jouer. Le public se réduit ainsi aux otakus et aux salarymen frustrés, mais étant donné le faible prix de ces jeux et leur durée de vie assez courte, le marché est bien présent. Le livre "Otaku, les Enfants du Virtuel" d'Etienne Barral rappelle bien que l'économie japonaise est reconnaissante de ces jeunes qui achètent un ordinateur pour le Net et les "jeux de genre"…
En Occident, les "jeux de drague" sont inconnus. Comme on l'a déjà dit, de nombreux animes orientés tout public paraissent ici mais les gens ignorent qu'ils ont été basés sur un jeu vidéo pour adulte. Il est bien question d'une importation US de Sakura Taisen sur PS2, mais elle est sans cesse repoussée aux calendes grecques, car long à traduire, marché inexistant hors-Asie et l'interactivité réduite pourrait rebuter beaucoup de gens. Certains titres pour adultes sont traduits et revendus à prix d'or (en), mais c'est absolument marginal.


Quels sont les jeux phares du genre sur Dreamcast et Saturn ?


Au milieu de la flopée de Gal Games pas toujours bien faits (dont une flopée signée Sega qui se contentait d'en sortir à la pelle en se basant sur des licences d'animes à la mode) et des simulations pseudo-interactives de voyeur (certains étant sortis au début de la Saturn et sans tirer avantage de la carte MPEG, la qualité des vidéos tenait de Canal+ sans décodeur), le studio Gainax a sorti la série Princess Maker, débutée sur Saturn et continuée sur Dreamcast. Sans être hentai ou ecchi, le summum du Dating Sim à la Sega est évidemment Sakura Taisen, là aussi débutés sur Saturn puis réédités sur Dreamcast et maintenant PS2. On peut aussi citer pêle-même, les strip-teases à base de Mah-jong avec Super Real Mahjong et Idol Romance Final Mahjong (beaucoup d'épisodes sortis sous ces deux noms !), Steam Hearts sur Saturn (adapté du Nec Super CD Rom)… Il y a aussi Wangen Dead Heat et sa suite Trial Love, des jeux de course où la place sur le podium amenait de jolies images, ou la série Gals Panic, même si la version Saturn n'était pas très osée. Tout pouvait être prétexte à récompenser le joueur avec de la nudité : Namco, en partenariat avec Sammy, avait même sorti un Pachinko Fever avec une classification pour adultes… Enfin, du côté Gal Games et aussi bien sur Dreamcast que sur Saturn, les productions Elf (jp) (principalement sur Saturn, presque toujours estampillées d'un "+18" sur les jaquettes), Aquaplus (jp) (Comic Party (jp) sur Dreamcast !) et Nec Interchannel (jp) font presque office de sigles de qualité.



Rédigé par Raton-laveur (créateur de raton-laveur.net), le 14 Oct 2009 à 19h24




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