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Inceste [Culture japonaise]      Définition : De façon stricte, l'inceste qualifie des relations sexuelles qu'une personne entretient avec des "parents proches". Cette pratique est illégale et punie en France (même si consentie) lorsqu'elle est commise par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans ou si il y a lien d'autorité avec un mineur de moins de 18 ans (hormis émancipation par le mariage). Le Code Pénal définit la notion de proximité comme « un ascendant, oncle ou tante, frère ou sœur, nièce ou neveu, conjoint ou concubin de ces derniers ». La jurisprudence précise que sont inclus à cette liste les demi-frères et demi-soeurs. On évoque quelques fois le terme de consanguinité, pourtant il n'est pas équivalent à celui d'inceste. En effet, les relations sexuelles entre cousins sont consanguines, mais ne constitueraient pas un inceste. Du point de vue Scientifique : Biologiquement, la conception par des individus d'une même famille (à plus fort titre lorsque leurs liens de parenté sont proches) constitue un appauvrissement des combinaisons génétiques possibles. Cela se traduit notamment par l'expression de gènes récessifs (dont les parents seraient tous deux porteurs et transmis en double à l'enfant) et donc l'apparition de maladies génétiques. Ce sont les Théories biologiques finalistes. La pensée qui viserait à la préservation du capital génétique dans une famille pour conserver des critères d'intelligence, de beauté etc... reste utopique puisque nous n'en sommes pas à sélectionner les gènes que nous souhaitons transmettre ou non. Et puis à quoi bon être plus doué que la moyenne si c'est pour développer des tares génétiques (à fortiori incurables) ? Ainsi, la science encourage bien la diversité, l'évolution par recombinaison et non la préservation du capital génétique. Du point de vue Psychologique : Les Théories psychanalytiques finalistes sont illustrées par Freud dans l'ouvrage Totem et tabou. Freud, s'inspirant d'une conviction de Darwin, suppose à l'origine de l'humanité une horde primitive (groupement humain sous l'autorité d'un père tout-puissant qui possède un accès exclusif aux femmes); c'est de là que vient le mythe fondateur. Dans ce contexte, les fils du père, jaloux de ne pouvoir posséder les femmes, se rebellèrent et le tuèrent, pour ensuite le dévorer. Une fois le festin consommé, le remords se serait emparé des fils rebelles, qui érigèrent en l'honneur du père, et par peur de ses représailles, un totem à son image. Afin que la situation ne se reproduise pas, et pour ne pas risquer le courroux du père incorporé, les fils établirent des règles, correspondant aux deux tabous principaux : la proscription frappant les femmes appartenant au même totem (inceste) et l'interdiction de tuer le totem (meurtre et parricide). Freud part d'une interrogation première : pourquoi les interdits du meurtre et de l'inceste sont-ils centraux dans les cultures humaines, au point d'être au-delà de toute loi écrite ? Pour y répondre, il s'appuie également sur une théorie en vogue à son époque, qui présume que l'embryon répète toutes les étapes de l'évolution depuis le poisson jusqu'au primate dans le ventre de sa mère. Freud peut ainsi effectuer ces parallèles entre enfance et culture, et entre culture et psychopathologie. Il compare alors le monde "primitif" (tel qu'il le voit à partir du mythe de la horde) et le développement de l'enfant ainsi que les stades psychosexuels qu'il a dégagés de ses analyses. L'inceste correspond à l'interdiction faite par le père d'accéder à la mère, sous peine de castration (qui origine le complexe d'Œdipe). Le tabou du meurtre correspond à l'interdiction de tuer le père pour s'approprier la mère et fait appel à la notion de l'Hilflosigkeit. L'Hilflosigkeit serait selon Freud l'état de détresse solitaire de l'enfant en cas d'abandon des parents, de son abandon affectif. L'enfant étant un être prématuré, il est dans l'incapacité de subvenir à ses propres besoins, et a donc besoin du père (traditionnellement considéré comme le pourvoyeur de sécurité) pour survivre physiquement et psychiquement. Le meurtre du père le priverait de cette aide et le laisserait démuni, des représailles auxquelles ne souhaite pas s'exposer le petit garçon, qui de fait renonce à sa mère. De même, totémisme et animisme seraient selon Freud la preuve de la croyance des "primitifs" en la toute-puissance de leur pensée, de leur utilisation de la pensée magique, faisant donc un rapprochement avec le narcissisme (qu'il ne théorisera que l'année suivante) et le stade anal (favorisant la pensée magique). Freud établit un parallèle entre « société primitive » et psychopathologie par une comparaison de l'évolution des croyances humaines et des pathologies mentales, partant du présupposé psychanalytique usuel que l'étiologie psychopathologique prend place dans l'enfance et la première enfance. Ainsi, dans l'exercice de la pensée magique et des rites totémistes et animistes, Freud repère une similitude avec les rites obsessionnels destinés à écarter l'angoisse ou à empêcher l'explosion d'une haine inconsciente (en raison d'un complexe d'Œdipe problématique). Si les « sauvages » totémistes décrits par Freud sont culturellement au stade anal, les occidentaux seraient au stade phallique, développant la problématique de la castration. Ainsi avec Freud, l'interdiction de l'inceste correspond à l’ordre du désir et de la loi. Dans la dynamique familiale, c'est « le père qui dresse son opposition face au désir incestueux du fils pour la mère ». Mais « le complexe d'Œdipe n'est pas réductible à une situation réelle, à l'influence effectivement exercée sur l'enfant par le couple parental ». Il tire son efficacité de ce qu'il travaille aussi au niveau symbolique en faisant intervenir « une instance interdictrice qui barre l'accès à la satisfaction naturellement cherchée ». Alors sur le plan psychanalytique freudien, le tabou de l'inceste représente la résultante de pressions sociales intériorisées aboutissant au refoulement de l'ambivalence sexuelle envers la parenté proche. La prohibition serait donc nécessaire pour maintenir la hiérarchie entre générations, la discipline et la cohésion familiale, pour éliminer tensions, jalousies, compétitions. Beaucoup associent le désir du membre de la famille au principe d’Œdipe, théorie mise en place par Freud. Cependant, si Freud (neurochirurgien de formation) se penche sur le domaine de l'inceste et de la psychanalyse en recherchant une explication universelle des phénomènes psychiques, ses travaux restent criticables. Par exemple, Malinowski tentera de montrer l'absence d'un Oedipe dans certaines îles du Pacifique. L’histoire : L'origine du mot provient du terme incestus signifiant "impur". Plusieurs peuples ont opéré dans cette direction sans que la chose ne soit mal vue. Les grands pharaons d’Égypte copulaient avec leurs sœurs pour que le sang de la royauté conserve sa pureté. Cette pratique était acceptée par le peuple en raison de la dimension divine des pharaons. Plus récemment, l’inceste était pratiqué au Pérou par la famille des Incas pour préserver leurs origines. La France ne s'est pas non plus abstenue de pratiquer l'inceste royal. Les textes religieux interdisent la pratique de l'inceste. Le Coran (Annissaa (IV) verset 22-23) : « N'épousez pas les femmes que vos pères ont épousées, exception faite pour le passé. C'est une turpitude, une abomination, et quelle mauvaise conduite ! » « Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles filles d'un frère et filles d'une sœur, mères qui vous ont allaités, sœurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage ; si le mariage n'a pas été consommé, ceci n'est pas un péché de votre part ; les femmes de vos fils nés de vos utérus ; de même que deux sœurs réunies — exception faite pour le passé. Car vraiment Dieu est pardonneur et miséricordieux ; » La Bible également (Torah, Chap 18 du Lévitique) : « Nul de vous ne s’approchera de sa parente, pour découvrir sa nudité » « Nul ne prendra la femme de son père et ne soulèvera la couverture du lit du père » Cependant la Genèse fait état de plusieurs cas d'inceste : - Fille-Père : les filles de Loth après la mort de leur mère, enivrent leur père pour perpétuer sa lignée (Genèse 19, 30-38) ; - Frère-sœur : Abram et Saraï, avec Pharaon puis Abimélek (Genèse 12 et 20 ) - Fils-concubine du père : Ruben et Bilha (Genèse 35, 22) L'Etat français via son Code Civil interdit le mariage entre personnes d'une même famille (hors cousins germains, et tante et neveu ou oncle et nièce à condition d’obtenir une dispense du président de la République). La progéniture issue du cadre de l'interdit marital ne peut être reconnue par le père. L’inceste au Japon Au Japon, l’empereur actuel est le premier à s’être marié à une femme ne faisant pas partie de sa famille. Cela veut dire qu’au pays du hentai, l’inceste est autorisé pour la famille royale par tradition, pour éviter la jalousie des autres partisans et afin de maintenir une longue ascendance royale (ce qui permet d'autant l'assise de son pouvoir : aspect politique). Cette partie sera sujette à un développement concernant l'actualisation de l'inceste au Japon. N'hésitez pas à proposer votre contribution. Toutefois, il est important de signaler qu'au Japon, les déviances sexuelles ne sont ni tolérées ni bien vues par la population, bien que l'érotisme du crayon soit publiquement répandu. Le hentai Il est vrai que les hentai représentent à outrance des couples incestueux en tous genres (frère et soeur, belle-famille et enfant par alliance, neveu et tante...); mais quant à vous éclairer sur la raison de cette tendance, c'est tout autre chose ! Dans ce contexte, nous pouvons aisément écarter l'idée que les mangakas souhaitent stigmatiser l'acte incestueux puisque sa mise en scène constitue leur fond de commerce et que par ailleurs, il n'est faite aucune morale à ce sujet (cf Enbo, Ai Shimai Futari no Kajitsu, Imouto de ikou!). Le plus simple serait donc d'en conclure que les créateurs d'hentai s'adonnent bel et bien au fan service; c'est à dire qu'ils alimentent les passions de leur public, notamment en cumulant le maximum de situations particulières (maid, bondage, lingerie, exhibition...) y compris des comportements déviants. En réalité, les principaux décisionnaires restent très certainement les éditeurs japonais qui jouent sur chaque projet un coup marketing, répondant à la demande d'un marché – à la fois national et international : une industrie génératrice de profits, destructrice de valeurs. Ce sont d'ailleurs ces choix marketing que nous blâmons régulièrement : lorsque nous dénonçons un scénario trop pauvre, un manque de réalisme, des animations bâclées... Les relations entretenues entre personnages d'une famille recomposée seraient une valeur refuge dans bien des cas pour le scénariste, qui laisse ainsi décider le consommateur sur la nature de rapports incestueux ou non. La conclusion Pour conclure, il apparaîtrait que l'inceste, bien que très répandu dans la pornographie outrancière, ne soit pas une caractéristique intrinsèque des moeurs nippons. Il serait pareillement déplacé d'affirmer que les japonais sont des pervers consanguins invétérés. Seulement, force est de constater que les Hautes Autorités japonaises permettent la propagation et la commercialisation de ce contenu (sous couvert d'une censure des parties génitales). La France et les USA aussi puisque certains animés/mangas sont licenciés et adaptés sur nos territoires (sans censure). Sur un autre plan, la liberté d'avoir des relations incestueuses est une autonomie que nous nous sommes accordé (y compris au Japon) : celle d'admettre les relations incestueuses tant que les parties prenantes sont consentantes et possèdent une pleine capacité; dans la limite de la non-procréation (cf L'Histoire). Ce n'est pas le cas de l'Angleterre où l'inceste est interdit quelle que soit la situation et constitue une infraction spécifique passible d'une peine d'emprisonnement de sept ans ou plus (voir Loi de 1956). Partant de là, c'est à chacun de cultiver son potager et de s'occuper de ses choux. Consulter aussi : L'énigme de l'inceste ou les contradictions de la science et du mythe dans Les Rougon-Macquart, Claire Suematsu (Format PDF) Boku wa imōto ni koi wo suru (僕は妹に恋をする), de Aoki Kotomi, shōjo publié au Japon de 2003 à 2005 en 10 volumes, un OAV (2005) et un film (2007) résumant tous deux les 3 premiers tomes. Rédigé par Amara, Hijo et Luna, le 26 Feb 2010 à 12h23 |



